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Prières et adoration

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Je T’adore, ô Jésus


CONTEMPLER MARIE

Nous voudrions, en suivant quelques indications de la doctrine du Concile sur Marie et l’Église, approfondir un aspect particulier des rapports existants entre Marie et la liturgie, autrement dit : Marie, modèle de l’attitude spirituelle avec laquelle l’Église célèbre et vit les divins mystères.

L’exemplarité de la Vierge en ce domaine vient de ce qu’elle est reconnue comme le meilleur modèle de l’Église dans l’ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ, c’est-à-dire de cette disposition intérieure qui inspire l’Église, l’Épouse bien-aimée, étroitement associée à son Seigneur, lorsqu’elle invoque celui-ci et, par Lui, rend le culte qui est dû au Père éternel.

Recueillons-nous un instant et que notre prière unie à celle de Notre-Dame devienne acte de Foi, d’union intime à son Fils et de parfaite louange au Père.

Marie est la Vierge qui ÉCOUTE, qui accueille la Parole de Dieu avec foi; une foi qui fut pour Elle l’acte préliminaire et le chemin conduisant à la maternité divine, puisque selon l’intuition de Saint Augustin, «celui que dans la Foi, Marie mit au monde, c’est dans la Foi qu’elle le conçut». En effet, après avoir reçu de l’Ange la réponse à son doute, elle dit avec une foi entière : «Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole.» (Luc 1, 38)

Cette Foi fut pour elle cause de béatitude et cause de certitude quant à la réalisation de la promesse : «et bienheureuse Celle qui a cru dans l’accomplissement des paroles du Seigneur».

Et avec cette même Foi, en acteur capital et témoin privilégié de l’Incarnation, elle revenait sur les événements de l’enfance du Christ, en les recueillant au plus profond de son coeur.

C’est ce que fait également l’Église, surtout dans la liturgie : avec Foi, elle écoute la Parole de Dieu, l’accueille, la proclame, la vénère, la distribue aux fidèles comme PAIN DE VIE, et à sa lumière, elle scrute les signes des temps, interprète et vit les événements de l’histoire.

C’est le point culminant du dialogue du salut entre Dieu et l’Humanité : le FIAT du Verbe qui s’incarne et le FIAT de Marie qui, par l’Esprit-Saint, devient Mère de Dieu et Mère de tous les vivants. Mesurons-nous les conséquences de notre acceptation ou de notre refus devant les propositions du Seigneur?

Marie est la Vierge PRIANTE. Ainsi, apparaît-elle dans la visite à la mère du Précurseur, où elle ouvre son coeur en rendant grâce à Dieu, en exprimant son humilité, sa foi, son espérance : tel est le MAGNIFICAT, la prière par excellence de Marie, le chant des temps messianiques dans lequel convergent l’allégresse de l’ancien Israël et du nouveau Peuple de Dieu.

Dans le cantique de Marie passa le tressaillement de joie d’Abraham qui pressentait le Messie et retentit, dans une anticipation prophétique, la voix de l’Église : «dans son exultation, Marie s’écriait en prophétisant au nom de l’Église : Mon âme exalte le Seigneur...»

Le cantique de la Vierge, en s’élargissant, est devenu la prière de toute l’Église dans tous les temps.

Vierge PRIANTE, ainsi apparaît Marie à Cana, où manifestant à son Fils une nécessité temporelle, en l’implorant avec délicatesse, elle obtint aussi un effet de l’ordre de la grâce ; que Jésus, en accomplissant le premier de «ses signes» confirme ses disciples dans la Foi en Lui.

L’ultime épisode biographique de Marie nous la présente également en prière : les Apôtres «d’un même coeur», persévéraient dans la prière, avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus, et avec ses frères». (Actes 1, 14)

C’est la présence priante de Marie dans l’Église de toujours, car élevée au ciel, elle n’a pas renoncé à sa mission d’intercession et de salut. Vierge priante, l’Église l’est aussi, elle qui chaque jour présente au Père les nécessités de ses fils, «loue sans cesse le Seigneur et intercède pour le salut du monde entier».

La Bienheureuse Vierge, portant son Fils, se rend près d’Élisabeth, pour lui offrir une aide charitable et proclamer avec elle la miséricorde du Dieu Sauveur. Le Magnificat de son humilité, de sa foi et de son espérance est devenu la prière de l’Église de tous les temps.

Marie est encore la Vierge-Mère, c’est-à-dire celle qui «par sa foi et son obéissance a engendré sur la terre le Fils du Père, sans connaître d’homme, mais enveloppée par l’Esprit-Saint» maternité prodigieuse, établie par Dieu comme modèle type de la fécondité de la Vierge qu’est l’Église.

Celle-ci, en effet, «devient à son tour une Mère, car par la prédication et par le Baptême elle engendre à une vie nouvelle et immortelle des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu.»

Les anciens Pères enseignaient que l’église prolonge dans le sacrement du Baptême la maternité virginale de Marie. Rappelons ce texte de S. Léon le Grand qui affirme : «La source de vie que le Christ a prise dans le sein de la Vierge, il l’a placée dans les fonds du Baptême : il a donné à l’eau ce qu’il avait donné à Sa Mère : car la puissance du Très-Haut et l’ombre de l’Esprit-Saint, qui ont fait que Marie mit au monde un Sauveur, font aussi que l’eau régénère le croyant.»

Voulant puiser aux sources liturgiques, nous pourrions citer la belle louange de la liturgie mozarabe : «Marie porta la Vie dans son sein, l’Église dans la piscine baptismale est aussi porteuse de Vie. Dans les membres de Marie, le Christ est formé dans les eaux de l’Église, le Christ est revêtu.»

Par sa maternité divine et dans sa virginité parfaite, Marie enfante le Sauveur du monde. Tout en adorant ce Fils bien-aimé, le Prince de la Paix, nous vénérons la Mère glorieuse qui présente à l’adoration des bergers et des Mages le Rédempteur de tous les peuples.

Marie est aussi la Vierge de l’Offrande. Dans l’épisode de la présentation de Jésus au Temple, l’Église, guidée par l’Esprit-Saint, a entrevu, au-delà de l’accomplissement des lois concernant le premier-né et la purification de la Mère, un mystère de salut relatif à l’histoire du salut.

Autrement dit, elle a noté la continuité de l’offrande fondamentale que le Verbe incarné fit au Père en entrant dans le monde. Elle a vu la proclamation de l’universalité du salut puisque Siméon, en saluant dans l’enfant la lumière destinée à éclairer les peuples et la gloire d’Israël, a reconnu en Lui le Messie, le Sauveur de tous.

Elle a compris la référence prophétique à la Passion du Christ : les paroles de Siméon, unissant dans une même prophétie le Fils «Signe de contradiction» et la Mère dont l‘âme serait transpercée par un glaive, trouvèrent leur réalisation sur le Calvaire.

Mystère de salut qui, sous divers aspects, oriente l’épisode de la Présentation au Temple vers l’événement du salut par la Croix.

Mais l’Église elle-même a entrevu, dans le Coeur de la Vierge qui porte son Fils à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, une volonté d’oblation qui dépasse le sens ordinaire du rite qu’Elle accomplissait.

De cette intuition, nous avons un témoignage dans l’affectueuse interpellation de Saint Bernard : «Offre ton Fils, Vierge Sainte, et présente au Seigneur, le fruit béni de tes entrailles. Offre pour notre réconciliation à tous, la victime sainte qui plaît à Dieu».

Au Temple, Marie et joseph offrent pour notre réconciliation la Victime Sainte qui plaît à Dieu. À ce mystère de salut, la Vierge est intimement liée en tant que Mère de Celui qui est proclamé «Lumière des nations et gloire du peuple d’Israël».

Modèle de toute l’Église dans l’exercice du culte divin, Marie est encore, de façon évidente, Éducatrice de vie spirituelle pour chacun des chrétiens. Bien vite, les fidèles commencèrent à regarder Marie, pour faire, comme Elle, de leur vie, un culte à Dieu, et de leur culte, un engagement de vie.

Déjà, au IVe siècle, Saint Ambroise souhaitait qu’en chacun d’eux fut présente l’âme de Marie pour glorifier Dieu : «Qu’en tous réside l’âme de Marie pour glorifier le Seigneur, qu’en tous réside l’esprit de Marie pour exulter en Dieu.»

Mais Marie est surtout le Modèle du Culte qui consiste à faire de sa propre vie une Offrande à Dieu : cette doctrine ancienne, chacun peut la réentendre en méditant l’enseignement de l’Église, mais aussi en prêtant l’oreille à la voix même de la Vierge au moment où, réalisant par anticipation l’étonnante demande de l’oraison dominicale «que ta volonté soit faite» Elle répond au messager de Dieu : «Me voici, je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole.»

Le «Oui» de Marie est pour tous les chrétiens une leçon et un exemple pour offrir leur obéissance à la volonté du Père, chemin et moyen de leur propre sanctification.

Dans un élan de ferveur unanime, vénérons Marie dans sa dignité de Vierge devenue par l’oeuvre de l’Esprit-Saint, la Mère du Verbe incarné.

Remercions Marie d’avoir accepté son rôle de Co-Rédemptrice et de Mère de tous les membres du Corps Mystique.

Admirons dans l’humble servante du Seigneur, la Reine de miséricorde et la Mère de la grâce.

Supplions Marie de nous transformer et de faire de chacun de nous, une copie vivante de Jésus, son Fils bien-aimé. Amen.

 

 

 

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